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L'ABC
DE LA BOURSE
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plus de 600 articles écrits par l'équipe de COTE 100.
C'est une mine d'information essentielle pour le débutant
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aux abonnés de la Lettre financière COTE 100 mais
nous avons décidé de les rendre accessibles à
tous dorénavant. C'est un peu notre contribution à
l'éducation financière des investisseurs. Également,
nous avons l'impression d'avoir touché un peu à tous
les sujets et nous ne voulons pas nous répéter de
manière fastidieuse.
Dorénavant, l'ABC de la bourse sera publié
une fois par mois vers le milieu du mois et sera un complément
à la Lettre financière qui est publiée depuis
20 ans le premier vendredi du mois. Nous répondrons aux questions
d'intérêt général des investisseurs ou
nous traiterons de sujets auxquels nous n'avons pu répondre
dans la Lettre financière COTE 100. Nous vous invitons donc
à nous soumettre vos questions.
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PHILIPPE ET GUY LE BLANC
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Avril 2010
Courrier du lecteur
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Les négationnistes
Par Claude Picher
Chroniqueur
LA PRESSE - 27 mars 2010
Cette semaine, j'ai reçu un coup de fil fort intéressant
de l'ex-premier ministre Bernard Landry, qui fut aussi un des meilleurs
ministres des Finances de l'histoire du Québec. Il a été
cinglant: il en a plein le dos de ces «négationnistes»
(je lui emprunte sa propre expression) qui s'acharnent à
minimiser l'importance de la dette publique.
Le Québec est déchiré par un immense débat
sur l'importance réelle de la dette publique.
Pour les uns, la dette du gouvernement québécois
se compare assez facilement avec celle des autres pays industrialisés.
Le gouvernement disposerait donc d'une confortable marge de manoeuvre
pour emprunter davantage sans compromettre sa santé financière.
Ce point de vue est surtout répandu dans les milieux syndicaux.
Pour les autres, le gouvernement est beaucoup trop endetté.
S'il était un pays indépendant, le Québec se
classerait d'emblée parmi les plus endettés, et cette
hypothèque pèse lourdement sur les générations
futures. C'est le point de vue du vérificateur général,
c'est aussi celui du ministère québécois des
Finances.
Chaque camp appuie ses propos en jonglant avec des concepts alambiqués:
dette directe, dette brute, dette nette, passif des régimes
de retraite, déficit accumulé, dette contractée
sur les marchés, dette totale supportée par le gouvernement,
et j'en passe. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver.
Il y a un mois, mon collègue Francis Vailles a publié
les grandes lignes d'une étude-choc du ministère des
Finances. Le document applique la méthode de calcul utilisée
par l'Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE) pour établir les comparaisons internationales.
Selon cette approche, la dette publique totale des Québécois
(incluant leur part de la dette fédérale) est de 286
milliards de dollars, ou 94% du produit intérieur brut (PIB).
Seuls le Japon, l'Italie, la Grèce et l'Islande sont plus
mal en point.
Cet article a suscité un déluge de protestations
indignées chez ceux qui croient qu'au contraire, la dette
du Québec n'est pas un problème important. Pour eux,
la dette se situerait plutôt à 129 milliards, ou 43%
du PIB. L'écart entre les deux est énorme. Pour M.
Landry, il est clair que l'approche du ministère des Finances,
en appliquant la méthodologie de l'OCDE, fournit un portrait
plus juste de l'endettement public des Québécois,
et que cela ne sert à rien de le nier: «le problème
est très grave».
À la fin du dernier exercice financier, le 31 mars 2009,
la dette brute du gouvernement québécois, incluant
la dette directe et le passif des régimes de retraite, se
situait à 151 milliards, ou 50% du PIB. Tout le monde s'entend
sur ce chiffre.
Pour en arriver au chiffre de 129 milliards, on soustrait les actifs
financiers du gouvernement (encaisse, réserves, prêts).
Cela nous fournit le montant de la dette nette. Chez tous ceux qui
minimisent l'importance de la dette, c'est ce dernier chiffre qui
compte. Il faut noter toutefois que la différence entre dette
brute et dette nette est loin d'être abyssale.
Or, ce montant de 129 milliards, ou 43% du PIB, fait du Québec,
toutes proportions gardées, la plus endettée des provinces
canadiennes. Il est suivi, très loin derrière, par
la Nouvelle-Écosse (24%), l'Ontario (19%) et Terre-Neuve
(18%). Le gouvernement fédéral en est à 29%.
Juste là, dans ces quelques chiffres, il y a déjà
un énorme problème.
Ce n'est pas tout. Le chiffre de 129 milliards ne tient pas compte
de la dette d'Hydro-Québec, des dettes des municipalités,
commissions scolaires, hôpitaux et universités, ainsi
que la part de la dette fédérale assumée par
les Québécois. C'est en additionnant tout cela que
le ministère des Finances en arrive à 286 milliards.
En utilisant une méthodologie sensiblement différente,
le vérificateur général en arrive à
une dette totale de 219 milliards, mais ce montant exclut la part
de la dette fédérale d'environ 100 milliards (j'écris
«environ» parce que les experts ne s'entendant pas sur
le mode de partage de la dette fédérale).
Un mot s'impose sur le dette d'Hydro-Québec (37 milliards).
On peut se demander pourquoi le ministère des Finances et
le vérificateur général ont choisi de l'inclure
dans la dette publique, alors qu'Hydro possède un actif largement
supérieur à ce montant. De plus, la dette d'Hydro
est entièrement gérée par Hydro; elle ne coûte
pas un seul dollar de financement au gouvernement.
En revanche, le gouvernement, en tant qu'unique actionnaire d'Hydro,
est également l'ultime responsable de sa dette.
Si vous avez une maison dont la valeur marchande est de 200 000$,
avec une hypothèque de 150 000$, votre valeur nette est de
50 000$. Même si vous êtes en excellente situation financière,
il faut quand même la payer chaque mois la maudite hypothèque!
Dans le cas d'Hydro, vous n'avez rien à payer en tant que
contribuable, mais vous assumez une partie de son financement comme
consommateur. Au bout du compte, cela vient de la même poche.
Le même raisonnement s'applique pour les dettes des municipalités
et commissions scolaires.
Même selon les chiffres les plus optimistes des «négationnistes»,
le Québec est de loin la province la plus endettée
au Canada. Si on retient les calculs du ministère des Finances
et du vérificateur, la situation est encore bien pire. Dans
ces conditions, on peut très bien comprendre l'indignation
de l'ex-ministre des Finances: la pire chose à faire est
de minorer l'importance de la catastrophe.
.
Cet article reflète très bien notre
opinion et la philosophie d'investissement de COTE 100. Nous mentionnons
également que nous répondons aux questions des lecteurs
par le biais de l'ABC. N'hésitez pas à nous faire
parvenir des questions.
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